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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 18:56

2 au 7 Mai..;ah, non, au 8 Mai

 

Nous voilà donc parti sur l’Amazone pour 5 jours de bateau au milieu de forêt.

 001 Bélem

Bye bye Bélem....

 

Nous (Alex : moi en tout cas…) étions un peu inquiet de savoir comment nous allions occuper 5 longues journées mais finalement, à 14 km/h, la vie prend un autre rythme, calme, paisible, bien, bien, loin de l’agitation de la vie française !!

 

Notre principale attraction sera naturellement la forêt et le majestueux Amazone. Loin d’être aussi monotone que nous le pensions, le paysage change régulièrement…

 

011 l'Amazone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

006 l'Amazone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Amazone d’abord, même s’il n’est que le deuxième plus grand fleuve du monde, derrière le Nil, il est de loin celui avec le plus grand débit : son débit est plus important que la somme des débits des 7 autres plus grands fleuves du monde (Nil, Yangtsé, Mississipi, …)  !! Nous le constaterons tous les jours aussi bien par sa largeur (qui aura toujours été de plusieurs kilomètres), que par son débit ou sa profondeur (quelques 50m ( !!! ) à  certains endroits d’après le sonar du bateau).

 

Mais l’une des choses les plus frappantes est la myriade d’îles et de bras qui le compose, au point que le bord du fleuve que nous suivons depuis plusieurs heures se révèle régulièrement n’être qu’une île cachant une autre étendue d’eau.

 

L’Amazone est partout, omniprésent et infini aussi bien devant et derrière nous que derrière l’île que nous voyons à notre droite ou derrière ce qui semble être une côte (mais n’est en fait qu’une autre île) loin à notre gauche. Seul le capitaine est capable de s’orienter dans ce labyrinthe bleu et vert.

 

010 l'Amazone

 

Et pour rajouter encore à cette immensité, la saison des pluies a provoqué la montée du fleuve qui déborde maintenant de son lit habituel pour aller inonder la forêt (des fois sur plusieurs kilomètres) mais aussi les pâtures et les maisons des quelques habitants du fleuve. Toute une partie d’une des villes que nous passerons est d’ailleurs complètement inondée et a dû être provisoirement abandonnée.

 

013 l'Amazone

 

La forêt en elle-même a aussi varié de jour en jour. Au début, elle était riche en palmiers, qui avaient disparus au 2ème jour laissant place à des arbres plus hauts, le 3ème jour nous avons fait une longue pause à Santarem et le 4ème jour les paysages étaient très inondés.

 

002 l'Amazone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

004 l'Amazone

 

 

 007 l'Amazone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons la chance de faire le circuit dans le bon sens car, pour remonter le fleuve, le bateau se met sur les côtés afin d’éviter les courants trop forts nous permettant ainsi de profiter du paysage. Dans l’autre sens, au contraire, le bateau se met bien au centre du fleuve pour profiter du maximum du courant et nous nous serions retrouvés  à plus d’un kilomètre du bord de l’eau... de chaque côté !

 

 

 

Par contre, même si des bruits d’oiseaux se font régulièrement entendre, la plupart des animaux restent bien cachés dans les feuillages (et nous avons été bien content de ne pas apercevoir de moustiques…).

Heureusement, d’autres voyageurs nous avait prévenus de ce phénomène alors nous avons été ravis de voir quelques oiseaux (surtout des échassiers genre aigrette) mais aussi des vols de perruches à la tombée de la nuit, et quelques vaches les pieds dans l’eau…

Mais l’animal le plus surprenant aura sans aucun doute été l’imphotographiable dauphin rose et gris !! Ce petit dauphin endémique de l’Amazone et à l’origine de plusieurs légendes indiennes aura montré sa nageoire et un petit bout de son dos à 3 ou 4 reprises pendant le trajet mais de façon beaucoup trop furtive et imprévisible…

 014 l'Amazone

Regardez bien la petite tâche rose et grise au centre...

 

 

Contrairement au Mékong, qui était un fleuve littéralement « vivant » avec vraiment beaucoup de bateaux et de personnes sur le fleuve en permanence, ici les habitations se font beaucoup plus disparates et les bateaux croisés sont moins nombreux. Mais on comprend très vite cette différence en voyant l’isolement de l’Amazonie et la taille du fleuve…

 

Néanmoins, jusqu’à Santarem (2,5 jours), il y avait régulièrement des « villages » au bord de l’eau ou pour le moins quelques maisons, et des gens qui s’approchaient en barque lors de notre passage.

008 l'Amazone

 

Et nous avons été surpris de voir des passagers jeter par-dessus bord des sacs en plastique (contenant, on suppose, des vêtements par  exemple) que les barques s’empressaient de récupérer. Un bon (mais surprenant) moyen de donner une deuxième vie aux affaires que l’on ne veut plus ou dont on n’a plus besoin…..

 

Il y a également quelques barques à moteur qui viennent à la rencontre de notre bateau et qui viennent s’accrocher à l’arrière (!!). Les 2 ou 3 personnes de la barque montent alors sur notre bateau avec leur chargement (par exemples des crevettes) pour nous le vendre. Lorsque leur stock est épuisé, ils décrochent leur bateau et repartent regagner leur maison.

 

017 l'Amazone

 

 

Mais, comme chez nous, le fleuve, l’autoroute de l’Amazonie est principalement utilisée par des camions ( ! ) et des transports de marchandises ! et ici le transport ne se fait pas avec un camion mais plutôt avec une vingtaine de camions ( !!! ) sur de grandes barges. L’essentiel du ravitaillement de Manaus et de Santarem se fait grâce à elles !

003 l'Amazone005 l'Amazone 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour les autres plus petites villes, le ravitaillement se fait grâce… à notre bateau !! A chaque arrêt (8 au total jusqu’à Manaus), le ballet des marchandises reprend, déchargeant le ravitaillement emporté depuis Belém, rechargeant des marchandises qui seront vendus plus loin. Chaque arrêt dure une demi-heure pour les passagers plus  2 à 5 heures pour les marchandises.

 

 

 

012 l'Amazone

 

 

016 l'Amazone

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant ce temps, les vendeurs ambulants envahissent le bateau. Bien pratique pour se ravitailler en biscuits, fruits, eau de coco ou chips de bananes ! ça permet aussi de faire quelques essais culinaires originaux, comme ce fruit inconnu, soit disant très riche en vitamine C et dont la chair (entourant une graine) a un goût acidulé, un peu comme un bonbon…

020 l'Amazone 

 

Ces pauses sont souvent plus longues que prévues et, au troisième jour, en arrivant à Santarem, nous avons déjà 8 heures de retard !!

Alors, lorsque les membres d’équipage ne nous annoncent que deux heures de pause à Santarem,  nous pensons que cette escale, plus courte qu’à l’habitude (d’autres voyageurs nous avaient parlé de 8 à 12 heures !), devait nous permettre de rattraper le retard….

 

 

015 l'Amazone-Santarem

Santarém

 

Le port étant à 2km du centre-ville, nous avons pris un taxi (!) pour gagner du temps et aller manger en ville avant d’aller faire quelques courses… mais ne trouvant pas de magasin nous sommes rentrés bredouille mais à temps… tout ça pour réaliser que l’arrêt sera finalement de plus de 5 heures….

En fait, l’équipage voulait que les passagers soient rentrés assez vite pour pouvoir être tranquilles pour charger les calles du bateau…

Au lieu de rattraper notre retard, celui-ci s’aggrave encore… et il ne sera jamais rattrapé, bien au contraire !

 

 

Pendant que les jours s’écoulent, nous prenons un petit rythme :

 

6h du matin coup de sifflet pour annoncer le petit déj. Généralement, nous sautons cette étape et nous rendormons pour quelques heures de plus.

 

Et c’est seulement vers 8h-9h, nous nous levons. Petite toilette, puis nous prenons notre petit déjeuner (grâce à notre stock de fruits) en regardant le paysage. Dès 9h, il fait déjà trop chaud pour être sur le toit et nous cherchons un petit coin protégé pour nous installer.

 

11h, c’est l’heure du déjeuner (!), cette fois nous allons chercher un plat (cf article précédent) que nous partageons (vu notre activité intense, généralement un plat pour deux suffit…).

 

L’après-midi, nous nous réfugions dans notre pont qui est agréablement climatisé et nous installons dans notre hamac (Natalie en aura profité pour faire une quarantaine de sudoku et lire tout le guide du Guatemala. Pendant ce temps, Alex aura lu un livre et demi…).

C’est également le moment de faire quelques parties de cartes avec les autres touristes ou une partie d’échecs.

 

018 l'Amazone

Jeux de l'après-midi

 

A 17h, direction le toit du bateau pour profiter du paysage et de l’air qui se radoucit. Même si nous montons tous en ordre dispersé, nous finissons toujours par tous nous retrouver sur le toit et à prendre une bière en regardant la nuit tomber.

 

Le soir est quant à lui réservé aux discussions et aux jeux (de cartes et d’autres) et généralement vers 22h : au lit.

019 l'Amazone 

 

 

 

Jeux du soir...

Le but : empiler les cartes chacun son tour, sans faire tomber les autres et en faisant dépasser 3 coins sur quatre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’avant dernier jour (théorique) nous apprenons que nous avons maintenant 14 heures de retard et que l’arrivée serait prévue le 8 Mai vers 8h du matin, au lieu du 7 Mai à 17h….

 

Nous nous « inquiétons » pour le tour de trois jours que nous avons déjà réservé dans la forêt amazonienne, et qui doit partir dès le 8 Mai au matin… mais ne pouvant pas y faire grand-chose nous essayons d’apprécier encore un coucher et un lever de soleil sur l’Amazone (ça sera d’ailleurs le seul coucher vraiment appréciable car sans nuages de tout le trajet !)

 

009 l'Amazone

 

Réveil au sifflet, une fois de plus pour ce dernier jour, et lever de soleil avec Manaus en vue !!! L’arrivée est proche !! ,  et on se dit que peut être que notre excursion ne tombera pas à l’eau !!

 

Ravis de décrocher nos hamacs et de dire au-revoir à nos compagnons de voyage nous quittons le bateau pour arriver à l’agence de voyage…. 30 minutes après le départ théorique du tour….

 

Mais comme on est au Brésil, tout va s’arranger !

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Published by alexetnatautourdumonde - dans Brésil
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commentaires

Nadine 02/06/2012 23:36

On n 'imagine pas la vie trépidante des hamacs !!!!!!!!!! j 'en connais un qui a navigué sur l ' Amazone avec un certain Alex et qui aujourd 'hui s 'ennuie dans un jardin de Capbreton en attendant
le retour de son maître !!!!
Je suis suspendue à votre blog pour la suite , vous maintenez bien le suspens ! bisous les aventuriers !

Francoise 01/06/2012 21:42

ouah! vous en savez des choses! j'apprends énormément à la lecture de votre blog....
La description de ce voyage sur l'Amazone est exceptionnelle, on s'y croirait! Pensez-vous écrire un livre quand vous aurez fini?
Qu'avez-vous fait des hamacs?
j'ignorais l'existence de ce dauphin rose! encore merci de nous raconter...
Bisous à vous deux

alexetnatautourdumonde 01/06/2012 22:54



pour le moment nos hamacs se sont ajoutés à nos bagages..peut être seront-ils utiles...peut-être seront-ils renvoyés...peut-être deront-ils donnés... leur destin reste incertain! 



jean philippe 31/05/2012 17:01

Quel beau récit...
L'étendue des paysages: fleuve,forêt contraste avec une certaine nonchalance de la vie sur le fleuve!
Y a t'il encore une influence de la marée?
Le dauphin rose c'est il adapté à une eau moins ou pas salée?
Bonne suite...
J-Philippe

alexetnatautourdumonde 31/05/2012 17:27



Le dauphin rose est un dauphin d'eau douce exclusivement (il n'en existe que 5 au monde, mais pas tous de la même famille)...ils descendent de cétacés marins qui petit à petit s'aventuraient dans
l'Amazone il y a des millions d'années (au miocène pour être précis). Ce qui est fou c'est que cette évolution (du cétacé marin vers un dauphin d'eau douce) s'est faite en au moins 3 zones du
globe en même temps !! Inde, Chine et Amérique du Sud ! (Ca s'appelle l'évolution convergente! je trouve ça allucinant!)


Notre dauphin amazonien a une petite nageoire dorsale (qui gène moins entre les arbres), des dents differenciées (le plus osuvent les dauphins ont une centaine de dents mais toutes identiques)
pour lui permettre de mâcher et donc de manger de gros poissons, et enfin ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées (comme celles des dauphins marins) ce qui lui permet de tourner la tête à
90° et donc de se faufiler entre les arbres !! C'est magique la nature! En général ils vivent en couple mais peut vivre seul ou jusqu'en groupe de 6. Il fait un petit tous les 2 à 3 ans
(gestation de 11 mois et allaitement d'un an).


Il mesure jusqu'à 2,80 m et pèse jusqu'à 150 kg! et son museau en forme de bec est couvert de moustaches!! (que nous n'avons biensûr pas vues..)



Edouardo 31/05/2012 09:55

La dernière phrase donne vraiment hâte de lire l'épisode suivant pour la suite des aventures (comme quand petit je regardais les cités d'or).