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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 10:03

Nous quittons alors la forêt pour rejoindre l’autre partie du parc, situé au bord d’un lac

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Pour atteindre ce lac, le chemin n’est pas très long et nous emmène au travers d’inévitables rizières…

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

… à côté desquelles nous ferons une rencontre un peu moins agréable…

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Le guide nous assure qu’il est inoffensif mais nous sommes bien contents de nous éloigner assez rapidement.

Et avant d’atteindre le lac, nous ferons un léger détour pour découvrir l’un des emblèmes du parc. Un baobab existant uniquement dans le parc d’Ankarafintsika. Ou plus exactement deux baobabs et d’après notre guide ils seraient les baobabs les plus hauts de Madagascar !

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Seul petit problème, il ne restait que 3 spécimens de cette espèce de baobabs mais le plus grand a été abattu cette année par une tempête (on voit un bout des racines en bas à droite de la photo).

Du coup, ces 2 arbres sont les derniers représentants de leur espèce…

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Et autre « petit » problème, malgré tous les efforts des scientifiques, les graines de cet arbre n’arrivent pas à germer. Impossible, rien ne pousse. Les scientifiques sont arrivés à la conclusion (ou plutôt à l’hypothèse) que les graines devaient être mangées par un oiseau et devaient être activées par le processus de digestion. La graine se retrouvait ensuite au sol au milieu d’un terreau fertile (les excréments de l’oiseau en question) et pouvait repousser.

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Sauf que l’oiseau en question aurait disparu il y a plusieurs années… Nous sommes donc devant un arbre-mammouth voué à la disparition. Il est le témoin grandeur nature de l’interdépendance de la nature et des conséquences inattendues que peuvent avoir la disparition d’espèces animales ! Même une espèce anodine comme un oiseau parmi les milliers qui habitent sur l’île…

Nous quittons finalement ces baobabs pour nous diriger vers le lac

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika
WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Cette étendue d’eau constitue un refuge très important pour 129 espèces d’oiseaux et est du coup un paradis pour les ornithologues.

La photo n’est pas très claire mais, en regardant bien, vous verrez que les buissons de l’autre côté du lac sont couverts d’oiseaux.

Pour nous, beaucoup de ces oiseaux ont l’air assez quelconques (aigrettes, sorte de hérons, sorte de poule d’eau,…) mais quelques uns ont néanmoins attirés notre œil.

D’abord, le faucon à ventre rayé. C’est le seul faucon endémique de Madagascar.

Ce chasseur est assez courant dans l’ouest et le sud de l’île mais est absent du reste de l’île.

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

En longeant le bord du lac, on passe au pied d’un raphia. Le palmier dont est tirée, à partir des feuilles, la fameuse fibre.

L’espèce de raphia vivant en Afrique de l’ouest, Raphia Regalis, est d’ailleurs la plante pouvant posséder les plus longues feuilles du monde (25 m !!!).

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

On découvre aussi que certaines parties du lac sont couvertes de jacinthe d’eau et notre guide nous explique qu’il faut tous les ans les enlever pour éviter qu’elles ne recouvrent et étouffent complètement l’étendue d’eau.

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika
WE à Mahajunga : le lac d'AnkarafantsikaWE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Nous découvrirons enfin un oiseau surprenant, l’aigle pêcheur.

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Cet oiseau, comme son nom l’indique, se nourrit en pêchant des poissons avec ses serres. C’est, lui aussi, un oiseau endémique de Madagascar mais il est en état critique d’extinction. Ce rapace, l’un des plus rares au monde d’après Wikipédia !!, vit en couple tout au long de sa vie, ne faisant que quelques œufs par an. Il a, de plus, besoin d’une étendue d’eau calme et assez importante pour se nourrir. De quoi compromettre sérieusement sa survie dans un pays où le moindre petit étang est utilisé pour la culture du riz…

Il ne resterait au monde que 40 à 70 couples nicheurs !! et le parc d’Ankarafantsika constitue un sanctuaire crucial pour sa survie.

Vu le nombre d’oiseaux qu’il reste, notre guide nous explique, qu’il est exceptionnel de le voir d’aussi près et encore plus de pouvoir prendre cette photo. Nous avons vraiment de la chance aujourd’hui !

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

Enfin, la visite se termine par un site sacré. La légende raconte que le roi de la région a combattu les Merina (une tribu des hautes terres qui conquit toute l’île au XIXème siècle). Et trop honteux de sa défaite, il se jeta dans le lac. Depuis ce jour, des crocodiles sont apparus dans le lac. Il est maintenant Fady (tabou) de se baigner dans le lac ou de tuer un crocodile. Des cérémonies ont en plus régulièrement lieu sur le site pour honorer le roi.

WE à Mahajunga : le lac d'Ankarafantsika

C’est comme cela que se termine notre week-end dans la région de Majunga. Un week-end vraiment très agréable où nous avons eu beaucoup de chance !! C’est triste et beau à la fois de rencontrer des animaux ou des plantes qui n’existeront sans doute plus dans quelques décennies…

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Published by alexetnatautourdumonde - dans Madagascar
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commentaires

Francoise 10/07/2013 19:38

oui! je suis d'accord avec vous quand vous dites que c'est bien triste de voir disparaître d'aussi beaux spécimens d'arbres, d'oiseaux... car vous en avez vu beaucoup au long de votre périple!! encore une fois, vous nous éduquez! Merci! J'adore aussi les vidéos!